lundi

Laurent Vicomte, balade au bout de la vie

Tristesse ce matin 10 août 2020 d'apprendre par la dessinatrice Béatrice Tillier le décès de Laurent Vicomte, Normand de Sainte-Adresse à qui l'ont doit notamment  la mémorable série  Balade au Bout du Monde sur scénario de Pierre Makyo, un vrai plaisir de lecture à l'époque,  dont un cycle fut repris par la suite par le talentueux Eric Hérenguel. C'est toute une époque du neuvième art qui s'en va avec la disparition de cet écorché de la vie à l'oeuvre trop rare, cette époque   des années 80 marquée par le renouveau de la veine réaliste par l'école Glénat dans laquelle il s'inscrivait alors. A l'âge de 64 ans, ce si sensible auteur au trait réaliste et délicat s'en va rejoindre d'autres bédéistes de sa génération trop tôt disparus, je pense notamment aux emblématiques Coyotte, Michel Plessix et plus récemment Frank Giroud.

 


dimanche

Rassemblement armé


L'avantage, quand on a un aïeul un brin turbulent, c'est qu'un événement peut parfois en cacher un autre. C'est le cas avec Louis Miniac (1822), celui autour duquel il est prévu que s'articule prochainement un documentaire réalisé par une société de production californienne pour une chaîne française. Ce jour, 2 août 2020, nous apprenons que le cher homme fut écroué à la prison de Saint-Malo, Ille-et-Vilaine, le 14 septembre 1848, au motif de "rassemblement armé".  L'intérêt de ce fait nouveau est qu'il révèle un pan tout autre du profil de Louis, alors cordonnier et jeune père de famille de 26 ans. Quatre ans après, il quittera la France en mai 1852, quittant définitivement sa femme et ses quatre enfants par la même occasion,  pour tenter sa chance lors de la ruée vers l'or en Californie. Jusqu'à présent, nous pensions que, cordonnier ruiné, Louis faisait partie de cette poignée de Bretons et de Normands proches des milieux maritimes pour jouer de cette proximité et être accepté comme passager à titre gratuit lors des voyages des "lingots d'or" financés par le nouveau pouvoir mis en place par Napoléon III  après le coup d"Etat de décembre 1851. Or, l'essentiel des quelque 3000 Français partis comme "lingot d'or" vers la Californie étaient des indésirables à la fois volontaires et  choisis par la préfecture de police de Paris, dont beaucoup de Républicains opposés au nouveau  pouvoir impérial. La participation de Louis à un"rassemblement armé"à Saint-Malo  à l'été 1848 change la donne. Alors, en septembre 1848, la Deuxième république vient d'être instaurée mais, depuis juin, un nouveau gouvernement a été mis en place, celui du général Cavaignac, ce jusqu'à l'élection présidentielle de décembre qui verra ce Bonaparte être élu à la présidence de la République, prélude à son coup d'Etat du 2 décembre. Formé de Républicains modérés, ce gouvernement Cavaignac compose avec les monarchistes... Louis aurait-il été un de ces Républicains plus radicaux dans l'oeil du pouvoir ? Mystère pour le moment...
Cette mise au écrou est-elle à rapprocher à la journée du 7 septembre 1848, jour d'émeutes à Saint-Servan ? Sans doute.  Ne serait-ce que parce que ce fameux 14 septembre, des dizaines de Servannais sont écroués à Saint-Malo, comme d'autre auparavant le 11 septembre. Parmi eux, nombre d'artisans. Le matin du 7 septembre,  journée insurrectionnelle appelé "Révolution des pommes de terre", des émeutiers servannais et malouins partis du casino de l'actuelle place Monseigneur Duchesne (voisin du Cunningham's) gagnaient le quai Trichet où des bateaux chargeaient des cargaisons de pommes de terre à destination de l'Angleterre. L'exportation de ce tubercule, denrée alors rare en raison de mauvaises récoltes, est insupportable à ce petit peuple en proie aux difficultés alimentaires. Excédés, les émeutiers jetaient tous les paniers de patates à la mer tout en caillassant la gendarmerie et la troupe de ligne venus rétablir l'ordre avec le sous-préfet Alexandre Chèvremont, palliant à la défection de l'essentiel de la Garde nationale appelée par le maire Gouazon. Place de la mairie, des Servannaises arrêtaient les gardes nationaux. Seule, une quarantaine d'entre eux  ne fit pas défection aux autorités. Dense, la la foule des insurgées et des gardes nationaux dissidents poussait les autorités sur le bord du quai lorsqu'une garde national dissident tira un coup de feu. Voyant l'imminence du danger, le sous-préfet monta sur une borne et ordonna l'usage des armes à la troupe. La foule séditieuse fut finalement refoulée par l'armée, baïonnette aux canons. Il n'y eut à déplorer que des blessés, dont le sous-préfet Chèvremont, alors commissaire du gouvernement provisoire à Saint-Malo.  Peu après la garde nationale désarmée fut dissoute et le sous-préfet félicité par le ministre de l'Intérieur, Antoine Sénard. Puis l'affaire de ces gilets jaunes d'un autre temps fut jugée en cour d'assises à Rennes...
En fait, le registre d'écrous est parlant. Entre le 8 et le 14 septembre, 60 personnes sont écrouées à la maison d'arrêt de Saint-Malo au motif de "rassemblement armé". Parmi elles, un quart de femmes, comme un quart de gens venus de la voisine  Saint-Malo. Hormis un rentier de Laval, ces écroués sont majoritairement des ouvriers et artisans, comptant quelques laboureurs comme quelques ménagères aussi.


A la marge, nous découvrons que Louis Miniac sera naturalisé américain le premier août 1873 à Brooklyn (anciennement San Antonio Creek, annexé à Oakland en 1872) dans le comté d'Alameda en Californie.


mercredi

Miniac et Rivière étudiés en collège et lycée

Sur la toile, je découvre au hasard balthazar un vieil ouvrage universitaire qui fait écho à mon travail et à celui de François Rivière : "Cinéma-Ecole : Aller-retour, rapports entre l'acte filmique et l'acte éducatif", Actes du colloque de Saint-Etienne, novembre 2000, textes rassemblés par Didier Nourisson et Paul Jeunet, Publications de l'Université de Saint-Etienne, 2001.

Dans le chapitre Le Cinéma et l'Enseignement de cet ouvrage, un article signé Annick Brillant-Hannequin de l'université Stendhal de Grenoble ( "Les représentations didactiques à l'oeuvre dans l'analyse de films en collège et lycée en classe de français") évoque  une de mes productions : "Notons la place particulière de la bande dessinée Mort sur le Nil de François Rivière et Jean-François Miniac puisqu'elle est l'objet même de l'étude comparée". Je serais curieux de lire cette même étude à propos de notre bande parue voici plus de deux décennies.

lundi

"Les Grandes Affaires criminelles Les essentiels", n°3, juillet, août, septembre 2020




En juillet, août et septembre 2020, le  trimestriel "Les Grandes Affaires criminelles Les essentiels" est diffusé en kiosques par les MLP.   Enrichi de quelque 200 pages, le n°3 de ce magabook est consacré aux ennemis publics et aux gangs, deux de mes domaines de prédilection.

J'ai signé la totalité des 29 récits constituant ce numéro 3 des "GAC Les Essentiels " ( de 12.000 signes chacun), soit 196 pages précisément en édition. De facto, il s'agit de reprise de récits parus antérieurement, traités notamment dans les numéros 24 spécial et  25 Spécial des GAC.



196 pages, souple, dos carré, quadrichromie. Disponible en kiosque en juillet, août et septembre 2020. Prix 17 e 90.