dimanche

Quatre histoires courtes sur France Bleu Haute-Normandie


Le vendredi 4 septembre 2015, l'enregistrement radiophonique de quatre histoires courtes s'est déroulé à Rouen, avec le journaliste Richard Gauthier de France Bleu Haute-Normandie. Quatre affaires d'escroquerie parmi celles que la région a suscitées, issues de mon dernier volume, "Affaires d'Etat, Affaires Privées", paru chez l'excellent Métive en avril 2015. Centrées sur Lisieux, Le Havre, Rouen, Evreux, Saint-Georges-du-Vièvre et Amfreville, elles passeront à l'antenne le vendredi 11 septembre prochain. Soyez à l'écoute si vous en avez le loisir, ce d'autant qu'une surprise attendra les auditeurs de la station régionale...
Georges Rème.
Clément Passal.
Gisèle de Gisors. Roméo et sa Juliette, Villemessant Tout commence à Rouen, en 1810. Le 22 avril, nait Hyppolyte de Villemessant. L’enfant apparait dans une famille bourgeoise de la ville aux cent clochers. Mais ce n’est pas dans le commerce de rubans que l'ambitieux jeune homme réussit. Après la faillite de son négoce, il se lance dans la presse à Paris. Son domaine. Dès 1839. Il sera le grand patron de presse du Second Empire. Il reprend notamment le moribond Le Figaro en 1854 et assoit son succès. C’est dans ce bihebdomadaire libéral qu’en mai 1877 parait un article relatant l’histoire d’une jeune héroïne de la guerre de 1870,vous savez, celle entre Français et Prussiens. L'héroïne est une jeune Française de 22 ans, elle était alors employée auxiliaire du bureau télégraphique de Pithiviers, dans le Loiret. Lors du conflit, elle a espionné dans son bureau de poste, permettant de sauver 40.000 soldats français. Dès lors, son nom vole de bouche en bouche. Elle se nomme Juliette Dodu. Les faits relatés dans l’article signé d’un prête-nom sont édifiants. Lorsque les Prussiens envahirent Pithiviers le 20 septembre 1870, ils investirent le bureau du télégraphe des Dodu, lesquels furent dès lors relégués au premier étage de la poste. La jeune fille était téméraire : elle bricola alors une dérivation sur le fil télégraphique passant dans sa chambre. Et elle intercepta les transmissions des Prussiens. Mieux, elle fit parvenir secrètement ces dépêches aux autorités françaises. Mais pour son malheur, le montage de la dérivation fut découvert par les occupants. Lesquels condamnèrent la jeune espionne à la peine capitale. Fort heureusement, l’armistice fut signé et, in extremis, Juliette fut graciée par le prince Frédéric-Charles de Prusse. Dès lors, après la révélation du Figaro, l’héroïne française est couverte d’honneurs. Elle devient la première femme en France à recevoir la médaille militaire, en 1877, et la Légion d'honneur à titre militaire, en 1878. Cependant, des esprits tatillons s'interrogent. Ils s’aperçoivent que ce récit héroïque possède ses parts d’ombre. D'énormes parts d'ombre. Aucune source d’archives ne le corrobore. Ennuyeux, bizarre même. Les Prussiens avaient quitté Pithiviers trois semaines avant les faits relatés. Juliette ne connaissait ni la langue de Goethe, ni les codes prussiens, indispensables pour capter au son des messages chiffrés. Il n'y a pas trace de la condamnation à mort de Juliette, ni de sa grâce princière. Le directeur des Postes et Télégrammes de l'époque avait relaté tous les actes de résistance de ses employés durant le conflit. Mais pas celui de Juliette. Aucune mémoire de guerre de haut-gradés ne la cite. Alors, pourquoi cette mystification ? Parce que la jeune Juliette est avenante. Et qu’elle a un Roméo. Ce Roméo, elle l’a rencontré en 1873, alors qu’elle était responsable du bureau télégraphique d'Enghien-les-Bains. Et ce Roméo s’amouracha de la belle Juliette. De la jeune Juliette, de 38 ans sa cadette. Au point de lui obtenir la légion d’honneur. Ce Roméo-là meurt en 1879 à Monte-Carlo. Il se nomme Hyppolyte de Villemessant. Il ne verra pas la mort de sa protégée, trente ans plus tard. Juliette meurt en 1909 chez le peintre Odilon Redon, son beau-frère. Aujourd’hui, parmi les nombreux lieux commémorant l’auteure de cet exploit fictif, il existe une rue au Havre. Les légendes ont la vie dure. Même celle imaginée par un Roméo rouennais nommé Villemessant.

vendredi

Plaisir partagé.


De retour de Saint-Vaast-la-Hougue, un excellent salon concocté par Edmond Thin, Josette Cauchon et une fine équipe de bénévoles, entre retrouvailles d'amis et découvertes de nouveaux auteurs, notamment de mon voisin néphrologue Olivier Kourilsky, auteur de thrillers médicaux dont l'un se déroule non loin de Dinard dans les années 1970. Un agréable déjeuner en excellente et impromptue compagnie samedi midi, une belle conférence de l'enthousiasmant Didier Decoin, un diner amusant le samedi soir en compagnie de deux romanciers du terroir sur le mode "Bouge-toi Bérénice !". Cerise sur le gâteau : le lectorat est au rendez-vous. Pour ma part, 48 livres, bien que mes trois livres sur la Manche ne soit pas présents sur le site.
Au-delà des chiffres, nécessaires, c'est pour cela que nous écrivons : le plaisir de partager avec autrui. La réaction de ce lecteur m'a fait particulièrement plaisir. La veille, un autre lecteur passait devant moi et me demandait si j'étais l'auteur de tel livre. Devant mon acquiescement, il tendit un pouce levé et ajouta un appobateur : "Quel humour !" en se faufilant dans le flot des visiteurs. Sympa.
Dimanche, un passage matinal à l'institution locale, l'épicerie Gosselin, en compagnie de l'érudit Jean-Paul Gourévitch qui découvre le lieu insolite, épaté.
Chez Gosselin, on déniche de tout, même des brosses à brosse !
L'Hôtel de France, celui de l'essentiel des auteurs. Un must. Les autres auteurs dorment à Tatihou, l'île voisine.
Petit-déjeuner dominical et instructif, sur le mode livre jeunesse, caricatures et dessins d'humour, en compagnie du pertinent auteur de l'ABCDaire de la littérature jeunesse.

mercredi

Courrier de M. le maire.


Pour un auteur, il n'est pas si fréquent de recevoir un courrier manuscrit de son maire, qui ne soit pas purement administratif. C'est le plaisir que j'ai eu, en juillet 2015, en ouvrant sa sympathique lettre au sujet du volume paru chez Métive en avril : "Affaires d'Etat, Affaires Privées". Qu'il en soit remercié ici comme il se doit.