mardi

Les Grandes Affaires Criminelles n°5 ( septembre-octobre-novembre 2015)


Retrouvez la plume de Jean-François Miniac dans le cinquième numéro de l'excellent trimestriel Les Grandes Affaires Criminelles, celui de la rentrée 2015, un numéro centré sur les victimes politiques historiques ( Lincoln, Indira Ghandi, Henri III). Concocté par l'historien breton Christophe Belser, un dossier sur la Bretagne se focalise sur huit affaires de la région, dont celle de l'Egorgerie, se déroulant sur les bords de Rance en décembre 1790.
Pour ce cinquième numéro, après l'interview du si médiatique auteur de best-sellers Michel Bussi, j'ai eu le plaisir de m'entretenir avec un écrivain que j'affectionne particulièrement pour l'avoir rencontré voici déjà quatre ans dans le Perche : Nan Aurousseau. Publié dans la collection La Bleue chez Stock, la fameuse collection créée par feu Jean-Marc Roberts, le romancier tout en sensibilité, en humanité et en introspection incarne aujourd'hui le mythe inauguré par François Villon au Moyen-Age, celui du truand repenti en littérature.
Dans ce cinquième numéro, vous trouverez également une affaire criminelle historique normande, saillante et médiatique, laquelle défraya la chronique nationale sous la Seconde Restauration : l'affaire Wilfrid Regnault à Amfreville-la-Campagne.
De surcroît, j'ai eu la charge de brosser les cinq illustrations (dont Omar Raddad, Pierre Chanal, Emile Louis) de la rubrique "Un œil sur notre temps", une rubrique rédigée par une talentueuse nouvelliste, la bourguignonne Fabienne Desseux. Par ailleurs, Didier Decoin, que j'ai eu le bonheur d'interviewer récemment, m'a confié à cette occasion avoir apprécié la revue, tant sur le fond que sur la forme. Ce qui n'est naturellement pas pour déplaire à la rédaction du magazine coordonné par l'ami Anthony comme à ses fidèles contributeurs, également pour ce présent numéro : Philippe Grandcoing, Marie-Christine Bessou, Bruno Dehaye et l'excellent Jean-Michel Cosson. "Les Grandes Affaires Criminelles" n°5, septembre-octobre-novembre 2015, 116 pages, 9 euros 50. Dans tous les bons kiosques de France, de Navarre et d'ailleurs, par abonnement également.

lundi

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8319 visites en ce mois d'août 2015 : merci à toutes et à tous de vos passages sur mon blog d'auteur, et notamment pour la fidélité de certains. Au plaisir.

mardi

Plaisir d'auteur


Pour tout auteur, il est plaisant d'apprendre par la bande qu'un lecteur a tellement apprécié la lecture de votre livre qu'il a grignoté sa nuit pour le finir d'une seule traite, emporté par le suspens que vous y avez distillé. Cela a été le cas du beau-frère d'une amie à laquelle j'avais récemment offert un exemplaire de mon "Affaires d'Etat, Affaires Privées", paru chez Métive en avril dernier.
Ce lecteur de Courchevel, Yves, professeur de physique-chimie en classe prépa, que je n'ai pas le loisir de connaître, a fini l'ouvrage en question à plus de deux heures du matin. Même si j'écris en premier lieu pour mon propre plaisir, savoir que mon travail a été partagé et aimé s'avère naturellement gratifiant, ce d'autant que, tombant une fois n'est pas coutume dans la satisfaction, j'ai la faiblesse de beaucoup aimer ce volume, dans le fond comme dans la forme. Et le travail artistique et éditorial effectué par la maison d'édition sur ce titre, ciselé, à l'économie parfaite. Par ailleurs, ajouté à sa diffusion dans quelque 70 librairies indépendantes de l'hexagone, sa présence rapportée dans les relais H des gares françaises n'est pas également pour me déplaire. Puisse ce livre plaire autant à nombre de lecteurs, c'est tout le bonheur que je lui souhaite. Car, d'expérience, le bouche à oreille reste son seul véritable vecteur d'existence.

vendredi

Terrorisme ferroviaire et incurie médiatique


Quand au soir du 21 août 2015, j'entends un criminologue médiatique, estimable par ailleurs, et d'autres journalistes évoquer l'attentat du Thalys 9364 Amsterdam-Paris entre Oignies et Arras, à 17 h 50, je sursaute. De fait, je ne peux que leur conseiller la lecture des "Grandes Affaires Criminelles du Rail". Pour le grand public comme pour l'historien, les approximations de ces commentateurs entendus sur une grande chaine d'information restent tout de même regrettables dans de telles circonstances, pour l'heure dramatiques. La criminalité ferroviaire a malheureusement son histoire, aussi longue que l'existence de ce mode de locomotion et le terrorisme ferroviaire n'est lui-même pas nouveau, loin de là, en France également. Comme pour l'islamisme radical d'ailleurs. En l'espèce, à l'aune du terrorisme puisque telle est la qualification retenue pour le forfait commis par le jeune Marocain Ayoub El Khazzani, Arras n'est pas étranger à une ancien attentat terroriste, datant de l'immédiat après-guerre, fomenté par une cellule communiste à l'époque, d'un bilan bien plus tragique que celui qui consterne et soulage l'hexagone en ce soir du 21 août 2015. Même à une heure de grande écoute, l'émotion ne devrait pas dédouaner, ni de la précision journalistique, ni de la mise en perspective historique. Remarquez, quand on écoute les versions sur le simple déroulé des faits eux-mêmes se multiplier au fil des heures, et se contredire au fur et à mesure, cela en dit long sur l'incurie de trop de médias, trop soucieux d'épouser l'actualité au plus près, quitte à balancer ineptie sur connerie. Quand l'objet des médias est d'être présent coûte que coûte, nécessité fait loi et peu importe la vérité, présente comme passée.
https://www.youtube.com/watch?t=54&v=VzgkMR1RuKQ

dimanche

Quatre histoires courtes sur France Bleu Haute-Normandie


Le vendredi 4 septembre 2015, l'enregistrement radiophonique de quatre histoires courtes s'est déroulé à Rouen, avec le journaliste Richard Gauthier de France Bleu Haute-Normandie. Quatre affaires d'escroquerie parmi celles que la région a suscitées, issues de mon dernier volume, "Affaires d'Etat, Affaires Privées", paru chez l'excellent Métive en avril 2015. Centrées sur Lisieux, Le Havre, Rouen, Evreux, Saint-Georges-du-Vièvre et Amfreville, elles passeront à l'antenne le vendredi 11 septembre prochain. Soyez à l'écoute si vous en avez le loisir, ce d'autant qu'une surprise attendra les auditeurs de la station régionale...
Georges Rème.
Clément Passal.
Gisèle de Gisors. Roméo et sa Juliette, Villemessant Tout commence à Rouen, en 1810. Le 22 avril, nait Hyppolyte de Villemessant. L’enfant apparait dans une famille bourgeoise de la ville aux cent clochers. Mais ce n’est pas dans le commerce de rubans que l'ambitieux jeune homme réussit. Après la faillite de son négoce, il se lance dans la presse à Paris. Son domaine. Dès 1839. Il sera le grand patron de presse du Second Empire. Il reprend notamment le moribond Le Figaro en 1854 et assoit son succès. C’est dans ce bihebdomadaire libéral qu’en mai 1877 parait un article relatant l’histoire d’une jeune héroïne de la guerre de 1870,vous savez, celle entre Français et Prussiens. L'héroïne est une jeune Française de 22 ans, elle était alors employée auxiliaire du bureau télégraphique de Pithiviers, dans le Loiret. Lors du conflit, elle a espionné dans son bureau de poste, permettant de sauver 40.000 soldats français. Dès lors, son nom vole de bouche en bouche. Elle se nomme Juliette Dodu. Les faits relatés dans l’article signé d’un prête-nom sont édifiants. Lorsque les Prussiens envahirent Pithiviers le 20 septembre 1870, ils investirent le bureau du télégraphe des Dodu, lesquels furent dès lors relégués au premier étage de la poste. La jeune fille était téméraire : elle bricola alors une dérivation sur le fil télégraphique passant dans sa chambre. Et elle intercepta les transmissions des Prussiens. Mieux, elle fit parvenir secrètement ces dépêches aux autorités françaises. Mais pour son malheur, le montage de la dérivation fut découvert par les occupants. Lesquels condamnèrent la jeune espionne à la peine capitale. Fort heureusement, l’armistice fut signé et, in extremis, Juliette fut graciée par le prince Frédéric-Charles de Prusse. Dès lors, après la révélation du Figaro, l’héroïne française est couverte d’honneurs. Elle devient la première femme en France à recevoir la médaille militaire, en 1877, et la Légion d'honneur à titre militaire, en 1878. Cependant, des esprits tatillons s'interrogent. Ils s’aperçoivent que ce récit héroïque possède ses parts d’ombre. D'énormes parts d'ombre. Aucune source d’archives ne le corrobore. Ennuyeux, bizarre même. Les Prussiens avaient quitté Pithiviers trois semaines avant les faits relatés. Juliette ne connaissait ni la langue de Goethe, ni les codes prussiens, indispensables pour capter au son des messages chiffrés. Il n'y a pas trace de la condamnation à mort de Juliette, ni de sa grâce princière. Le directeur des Postes et Télégrammes de l'époque avait relaté tous les actes de résistance de ses employés durant le conflit. Mais pas celui de Juliette. Aucune mémoire de guerre de haut-gradés ne la cite. Alors, pourquoi cette mystification ? Parce que la jeune Juliette est avenante. Et qu’elle a un Roméo. Ce Roméo, elle l’a rencontré en 1873, alors qu’elle était responsable du bureau télégraphique d'Enghien-les-Bains. Et ce Roméo s’amouracha de la belle Juliette. De la jeune Juliette, de 38 ans sa cadette. Au point de lui obtenir la légion d’honneur. Ce Roméo-là meurt en 1879 à Monte-Carlo. Il se nomme Hyppolyte de Villemessant. Il ne verra pas la mort de sa protégée, trente ans plus tard. Juliette meurt en 1909 chez le peintre Odilon Redon, son beau-frère. Aujourd’hui, parmi les nombreux lieux commémorant l’auteure de cet exploit fictif, il existe une rue au Havre. Les légendes ont la vie dure. Même celle imaginée par un Roméo rouennais nommé Villemessant.